Adrien Louis de la Porte Du Castellier

Avant la révolution la paroisse de Fourqueux dépendait de l’Evêché de Chartres et relevait de l’Abbaye de Coulombs. Le prêtre de la paroisse était alors un dénommé Laval à la réputation douteuse qui avait prêté serment à la constitution le 23/01/1791 reconnaissant entre autre, que la paroisse de Fourqueux était rattachée administrativement au département de Seine et Oise et à l’obédience de l’Evêque de Versailles. Cet évêque choisi d’ailleurs, Laval pour le suppléer dans son ministère. Fourqueux et Mareil-Marly dépendent du District de StGermain en Laye.

En remplacement du curé Laval, fut nommé un ex-chanoine du non de Adrien Louis de la Porte Du Castellier. Ce religieux n’était pas inconnu des Foulqueusiens, puisqu’il avait exercé auparavant au Prieuré d’Hennemont (devenu un quartier de St Germain en Laye), où il a eu maille à partir avec le District, qu’il accusait haut et fort en tant que prieur, d’ingérence dans les affaires du Prieuré et ensuite il avait exerçait dans la paroisse de St Léger en laye en tant que prieur curé, petite commune de 264 habitants dont le Maire était le citoyen Poivre (devenu également un quartier de St Germain en Laye).(1)

Ce prêtre était décrit comme très grand et un peu voûté, la figure piquée de petite vérole, il était  connu pour son courage et sa sincérité, son imagination débordante, son esprit peu pondéré et son caractère remuant et instable. On sait de lui qu’il était né à Lisieux le 29/07/1744 et qu’il était entré dans les ordres en 1763, à l’âge de 19 ans. Son père Georges Adrien (décédé le 24/03/1781) était écuyer « Bourgeois de Lisieux » et a été inhumé dans l’église d’Hennemont.

Il était « acquis » aux idées nouvelles, et composait des «factums dans un sens patriotique » (mémoires), qu’il faisait distribuer à Paris, ce qui fut considéré par les autorités en place comme une activité subversive et il fut invité à quitter la région.

C’est à cette occasion qu’il séjourna en hollande de 1781 à 1790, puis on le retrouve à l’Abbaye d’Herivaux près de  Luzarches où il exerce la fonction de procureur et où il procède aux opérations de liquidation de ce monastère, (certains l’accuseront de vouloir servir le monastère à des fins personnelles)

Dès lors que la liquidation de ce monastère est réalisée, il se retrouve sans emploi ne disposant que d’une faible pension de 900 livres c’est alors qu’il devient prieur d’Hennemont puis qu’il accepte la cure de St Léger, et enfin celle de Fourqueux en novembre 1792.

A cette même époque (1792),  il y a à Mareil-Marly, un curé nommé Balfourier qui occupe le presbytère (situé à l’emplacement de la mairie actuelle). Mais celui-ci ne s’entend pas avec la municipalité et encore moins avec la population qui lui préfère un capucin du nom de Christophe. Les Mareillois voudraient qu’il soit logé dans une partie du presbytère, ce que refuse Balfourier, et au final voudraient qu’il remplace ce curé.  La situation s’envenime et est portée devant le Directoire qui très embarrassé choisi en fait de ne prendre aucune décision. Finalement, la population Mareilloise très excitée contre le curé Balfourier, le menace de mort et l’oblige à fuir et ainsi à quitter sa cure. En 1793, le directoire ordonne au prêtre Balfourier, par deux fois, de regagner sa cure mais celui-ci refuse arguant que sa vie est menacée ; on déclare alors officiellement la cure vacante. Le Directoire qui ne manquera pas de lui recommander de ne plus retourner à Mareil car il ne pourrait pas le protéger contre la fureur publique. Les Mareillois ne disposant plus de curé dans leur paroisse, se retrouvent donc dans l’obligation de pratiquer à Fourqueux (le capucin ayant lui aussi préféré disparaître).

C’est en novembre 1793, que le District de St Germain en Laye se prononce pour la suppression du culte.

Hors le curé de Fourqueux s’obstine à célébrer chaque dimanche le service divin et à faire sonner les cloches à toutes volées de telle sorte que celles-ci sont entendues jusqu’à « Montagne Bon Air » nouveau nom de Saint Germain en Laye (2). Le Comité de Surveillance de Montagne Bon Air profère alors maintes menaces et accusations contre l’obstination du curé. Ils l’accusent entre autre de fanatisme, de patriotisme exalté, l’accuse d’être un compositeur de texte contre la tyrannie et lui rappelle qu’il a déjà été proscrit en 1781 ! mais celui-ci n’en a cure car il prêche une nouvelle doctrine partagée par ses paroissiens de Fourqueux et Mareil-Marly : « du ciel ouvert à tout l’univers », d’où seront exclus le dogme de l’enfer et celui du démon. (3)

Le matin du 25 décembre 1793 les cloches retentissent à nouveau pour la grande messe de Noel, la foule y est très nombreuse, tous les habitants et officiers municipaux de Fourqueux et de Mareil Marly revêtus de leurs écharpes sont présents et aucun de ses paroissiens n’y trouve à redire.

A l’exception de l’instituteur de Mareil-Marly seul détracteur des théories de Du Castellier qui n’a de cesse que de mettre un terme à cette situation et de le dénoncer auprès des autorités St Germanoise.

Donc, ce 25 décembre 1793, vers 22 heures dans la taverne d’Andre Pierre Beauvais à l’entrée de Fourqueux (café de la Croix Rouge actuel) les habitants présents constatent l’arrivée dans la commune de deux gendarmes suivis des dénommés Henebert et Leger, tous deux membres du Comité de Surveillance de « Montagne Bon Air » qui se rendent à Fourqueux avec pour mission d’arrêter le curé, d’apposer les scellés sur le presbytère et de saisir tous les écrits compromettants.

Ces deux membres du Comité de Surveillance accompagnés des gendarmes se rendent au domicile du Maire de Fourqueux,  Jacques Parise (4) qui est réveillé et sommé de les accompagner au presbytère où ils trouvent porte close. Le prêtre est introuvable (a-t-il été prévenu ?). Les gendarmes forcent la porte et saisissent tous les documents, apposent les scellés puis ils décident de perquisitionner toutes les habitations environnantes dans le but de retrouver le prêtre.

Deux habitants de Fourqueux, Jean Denis Lecomte et Jean Baptiste Hebert se ruent alors vers l’église et font sonner le tocsin en pleine nuit pour donner l’alerte. Toute la population de Fourqueux et Mareil-Marly est ameutée et rapidement une foule grossissante s’amasse devant le presbytère pour entourer le curé subitement réapparu, des armes pointes  parmi les habitants ….

Les gendarmes parviennent toutefois à faire cesser le tocsin qui génère un son hallucinant et comprenant la situation décident de ne pas procéder à l’arrestation du curé et décident de se retirer de la commune.

Dés le matin du 26 décembre les habitants supplient le curé de quitter Fourqueux et d’aller se cacher. Ceux ci sont effrayés par leur audace de la veille et du danger qui menace leur prêtre les gendarmes et les membres du Comité de Surveillance les ayant menacés d’un prompt retour pour remettre de l’ordre dans la communauté.

Ce qui fut fait dès le soir même.

Ce soir là, vers 23 heures le Maire, Charles Hurand et les officiers municipaux de St Germain, des notables et les deux commissaires se mettent en route pour se venger de l’échec de la veille, ils sont accompagnés par une véritable armée constituées de 20 gendarmes à cheval, 80 gardes nationaux et 40 soldats de l’artillerie révolutionnaire équipés d’une pièce de canon, en tout 140 hommes !

Les 12 coups de minuit sonnent lentement du clocher lorsqu’ils arrivent à Fourqueux. Ils constatent alors que tous les habitants sont reclus dans leur maison. Il n’y pas « âme qui vive » dans les rues de Fourqueux. Toute cette équipée se dirige alors vers le presbytère et n’y trouve qu’un gamin apeuré de 13 ans qui n’est autre que le domestique du prêtre, ils saisissent alors tous les papiers et procèdent à la destruction de tous les meubles. Mais ne trouve pas le prêtre qui a quitté le village.

De fureur, ils investirent toutes les maisons de Fourqueux pour procéder à des perquisitions. Ils saisissent 19 fusils, 22 sabres, de nombreux couteaux de chasse et de nombreuses épées, 36 piques, 17 pistolets, 1 hache et 2 baïonnettes emmanchées d’un pique, toutes ses armes sont remises sans résistance de la population qui n’a d’autre choix.

Reste à châtier la population puisque celle-ci s’est insurgée le 25 décembre au son du tocsin. Les officiers municipaux de St Germain décident alors de la priver de tous moyens d’exprimer sa foi. Les cloches sont descendues et brisées et les débris ramassés par les hommes d’armes pour être remise au District. Puis, la troupe triomphante reprend ensuite sa route vers « montagne bon air » emmenant toutefois avec elle une douzaine de prisonniers pour être écrouée dans les geôles du château de St Germain. Parmi les citoyens arrêtés ont trouve Jean Baptiste Hebert, Jean Jacques Beauvais et Bernard André Rousset, tous les officiers municipaux de la commune et la femme de Jean Vallée.

Le sort de ses prisonniers ne manque pas d’être inquiétant, toutefois et contre toute attente, l’accusateur public, décide qu’aucune sanction ne sera retenue, ces habitants étant reconnus comme « égarés, mais non coupables », ils seront libérés progressivement entre le 19 janvier et fin mars 1794. Cette indulgence s’explique probablement par les relations fréquentes établies entre les Foulqueusiens et les St Germanois, grâce au commerce qui unit les paysans, les maraîchers et vignerons de Fourqueux aux bourgeois de St Germain puisqu’ils sont fournisseurs et clients.

On sait que le principal instigateur de cette révolte, Adrien Louis de la Porte Du Castellier, fut arrêté à Paris le 6 janvier 1794 et enfermé à la Conciergerie. Il avait eu la mauvaise et prompte idée pour survivre de proposer aux aubergistes parisiens du vin de Fourqueux, ce qui l’amena à contacter les vignerons de la commune, mais le courrier fut intercepté par la police qui n’eut qu’à le trouver à l’adresse qu’il avait mentionné sur son courrier pour la réponse.

Adrien Louis de la Porte Du Castellier a été décapité le 25 prairial An III, (14 juin 1795).

Du Castellier était un « genovefain » (5) membre de la congrégation de France et il observait la règle de St Augustin.  Il portait une robe blanche recouverte d’un manteau noir. Lors de son élection comme curé de Fourqueux (26/11/1792) il se vantait de lutter depuis 15 ans « contre les vains efforts des tirants ».

FMPPA
(1) : « Un arrêté du district, daté du 1 pluviôse an II (20 janvier 1794), réunit à Saint-Germain la petite commune de Saint-Léger qui apporte alors un grand nombre de terres agricoles et de vignes à la cité. » La comparaison des superficies de la paroisse de St Léger (658 arpents) et de celle de St Germain (378 arpents 48 perches) montre l’importance de l’apport de Saint-Léger !
(2) : Montagne du Bon Air est le nom révolutionnaire de Saint-Germain-en-Laye, le onzième jour de Brumaire an II, c’est à dire le 1er novembre 1793. A l’automne 1793, la politique de déchristianisation entraîne le changement du nom des rues et des places publiques: la place Royale devient place de la révolution, la rue Saint-Jacques : rue de l’égalité et la rue Saint-Christophe : rue de la Liberté.
(3) : « du ciel ouvert à tout l’univers » : Extrait de l’ouvrage de Pierre Maurice Masson « La religion de Jean Jacques Rousseau »« Pour le sentir il suffit de comparer l’opuscule auquel je songe, le ciel ouvert à tout l’univers, de Dom Louis, qui fut composé et paru en 1782, avec un autre factum théologique, qui porte presque le même titre, et qui a été  publié seulement en 1768, c’est Le ciel ouvert à tout les hommes, de Pierre Cuppé. »
 (4) : Jacques François Parise (Cultivateur, né le 20/8/1746 à Fourqueux, décédé le 13/9/1799 à Fourqueux, époux de Catherine Rosalie Clerambourg, neveu de Charles Bégé), Maire de Fourqueux de 1792 à 1803, succédant à Jean Sébastien Clérambourg, 1er Maire de Fourqueux de 1791 à 1792.
(5) : La congrégation de France est une congrégation française de chanoines dont l’abbaye-mère était l’abbaye Sainte-Geneviève de Paris d’où le nom de génovéfains donné à ses membres qui observaient la règle de saint Augustin. Les chanoines portaient une robe blanche et un rochet, ainsi qu’un manteau noir hors du couvent.
CURES DE FOURQUEUX et MAREIL-MARLY : Selon les archives, un prêtre fut nommé à Fourqueux le 24/02/1803, il s’agissait de Michel Verrier qui assurera la cure jusqu’au 31/12/1804 où il fut remplacé par Charles Debut qui assura la prêtrise jusqu’en 1814, il serait mort à Fourqueux. Il fut remplacé par Etienne Nicolas Mazion. Le premier prêtre qui aura officiellement la charge des paroisses de Fourqueux et Mareil-Marly fut nommé le 27/02/1921, il s’agissait d’Alexandre Rosat.
Petit rappel historique : Le 5 octobre 1793, la Convention, pour déchristianiser la société, supprime, en imposant le calendrier républicain, les dimanches et fêtes. Noël, Pâques, Pentecôte, l’Assomption, la Toussaint disparaissent.
Elle fait enlever les noms des saints des villes, places, avenues et rues.
Par le décret du 6 novembre 1793, elle autorise les communes à supprimer les paroisses ce qui a pour effet d’anéantir l’Eglise constitutionnelle, oeuvre de la Révolution ! Notre-Dame de Paris est transformée en Temple de la raison.
Deux arrêtés prescrivent que les enterrements se feront sans prêtre et sans croix.
En décembre, les fermetures d’églises se généralisent et on descend les cloches. Enfin, les cultes catholique et protestant sont interdits.
Couvents et séminaires sont transformés en casernes et prisons ou voués à la démolition.
L’opinion publique n’adhère pas à la déchristianisation. Les gens opposent la force d’inertie aux mesures qu’ils n’admettent pas. Ils manifestent leur attachement au dimanche. Ils veulent les cloches, les processions, les pèlerinages et leurs cantiques, les fêtes votives, les statues de la Vierge Marie, des saints patrons des villages, des paroisses, des métiers, les confréries.  
Les églises resteront fermées jusqu’en 1800. 
La déchristianisation (1793/1794) http://www.histoire-en-questions.fr/revolution…/1789-pretres-refractaires-enterrements.html

Sources :

* Bulletin de la Commission des antiquités et des arts (Versailles. 1914) – 1914-1969
* Deux jurés du tribunal révolutionnaire : Vilate « le petit maître » / Alphonse Dunoyer – 1909
* Le District de Saint Germain 1792-1796 / Docteur J. Chabaud

 

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Exhumation des 2 statues découvertes dans l’Eglise de Mareil-Marly

Stat.12

Statue N°1 (Inrap)

Stat. 22

Statue N°2 (Inrap)

L’annonce officielle de cette découverte a été faite lors du Conseil municipal du 11/12/17.

Depuis cette date, ces statues attendaient (recouvertes de sable) d’être extraites pour analyse, restauration et datation. Elles ont enfin été toutes deux transférées dans un atelier à Rouen. Nous espérons que ces statues après restauration (en fonction des crédits qui seront accordés et du temps que cela prendra) seront rendues à l’église où elles pourront y être admirées par tous. (Mais rien n’est moins sur….)

Elles ont été découvertes par hasard, par sondage réalisé au sein de l’église lors de la restauration de cellle-ci. Le sol de l’église n’ayant pas été sondé intégralement, recèle donc, peut être encore, d’autres trésors.

-La première statue d’une hauteur d’environ 1.50 à 1.60 m,  semble représenter la lapidation de St Etienne, elle est constituée de 4 personnages (Le Christ, un personnage tenant 1 pierre, St Etienne et un petit ange a ses pieds).

-La deuxième statue d’une hauteur d’environ 1.00 m représente un saint ou peut être un évêque non identifié car sa tête a été détruite lors de l’ensevelissement d’une sépulture située à proximité de celle-ci.

Ces 2 statues en pierre polychromes et parfaitement conservées étaient situées à l’entrée de l’église sur le côté gauche, sous le dallage à une profondeur d’environ 0.50 m. Il est probable que celles-ci ont été sculptées vers le milieu du XIVe siècle; elles présentent, en effet, des draperies que les « imagiers » de l’époque se plaisaient à réaliser.

Ces statues d’une indéniable qualité présentent un véritable intérêt archéologique.

Quelles hypothèses s’offrent à nous ? Ces objets sacrés auraient-ils été soustraits des violences iconoclastes des Guerres de religion (1562-1598), de celles de la Révolution (peu probable, étant donné la sépulture trouvée à proximité de la statue endommagée lors de l’enfouissement de celle-ci) ? (1) Auraient-elles été considérées comme trop dégradées ou en disgrâce momentanée pour être encore présentées aux fidèles et peut-être remplacées par de nouvelles ?

Quelque en soient les raisons ces statues ne semblaient  plus convenir ou devaient être soustraites de la vue des paroissiens, alors, suivant une habitude à peu près constante au Moyen âge et en pareille circonstance, le curé ne voulant pas s’en débarrasser par vente ou destruction, aura probablement décidé qu’elles seraient ensevelies au sein de l’église. L’opération fut probablement clandestine puisque aucun texte ne relate cet événement et que ces statues semblent avoir été oubliées de tous. L’enfouissement de ces statues semble donc avoir  été volontaire et fait avec soin.

On sait que selon le polyptique de l’Abbé IRMINON (2), l’église » pene dissipata » (presque entièrement ruinée) était placée sous l’invocation de la Vierge, de St Germain et de St Martin. Les premiers registres de l’église établis au début du XVII siècle, quant à eux précisent, que l’église était titrée de St Etienne et St Martin.

Par un inventaire (3) établi le 25 janvier 1581, par Augustin BEGE (BEGER) et Etienne BEAUVAIS pour transmission de la charge à Cosme MOTTE (MOTHE) et Etienne BEAUGRAND, marguilliers (4) de Mareil-Marly , on sait que l’église possédait des reliques de St Etienne et de St Leu, et que celle-ci, pour une aussi petite paroisse, était richement dotée en ornements et ustensiles liturgiques.

L’on sait également que la pratique d’enterrer des statues n’est pas nouvelle, puisque il a été découvert en 1873 une statue de St Martin lors de fouilles exécutées autour de l’église de Mareil-Marly. Cette statue enfouie dans le sol daterait du XV ou XVI siècle.

Toutefois, aucune fouille n’a jamais été réalisée à l’intérieur de l’église (hormis les quelques sondages réalisés récemment). L’archéologue chargée de ce chantier, a confirmé que l’église renfermait de nombreux ossements enfouis sous le dallage ce qui confirme les inhumations réalisées au sein de l’église, et que contrairement à ce que l’on pensait il existe encore de nombreux ossements autour de l’église où il semble que seule les pierres tombales ait été retirées au XIX siècle.

FMPPA

 (1)Un édit de 1776 (Ordonnance de Louis XVI qui interdit, pour des raisons sanitaires d’ensevelir dans les églises), mettra fin à ces pratiques.
(2) : Polyptique : Inventaire des biens rédigés vers 823/828 par IRMINON, abbé de St Germain des Prés. Il décrit les possessions de l’Abbaye situées principalement dans la région parisienne, entre Seine et Eure.
(3) : Extrait de cet inventaire :
-1 chasuble velours rouge
-2 chasubles damas rouge
-1 chasuble damas violet
-1 chasuble damas blanc croisé de velours violet
-1 chasuble satin de Bourges qui est blanc
– plusieurs chapes damas rouge servant à la messe du St Sacrement
-1 chape noire servant à la messe des trépassés
-60 nappes de chanvre et lin servant  pour les offices
-1 tapis à mettre sur la tablette pour les reliques de la dite église
-1 tapis servant au Grand Lutrin pour mettre le Livre à faire le sermon divin
-1 petite chapelle de damas rouge à franges de fil d’or servant au service du St Sacrement
-1 col de velours rouge cramoisi doublé de taffetas avec franges en fil de soie
-20 aubes
-10 surplis 
ETC ….
(4) : Marguilliers : La « Fabrique » gérait tout ce qui relevait du temporel de la paroisse : entretien de l’église, du cimetière, du presbytère; gestion des revenus, dons, etc., et tout devait être noté dans un registre. Le « Conseil de Fabrique » ou tout simplement « La Fabrique » était la représentation des paroissiens. C’était, à l’échelon de la paroisse, tout comme le Syndic*, l’équivalent du conseil municipal actuel de la commune. Ses membres étaient appelés les « fabriciens » ou les « marguilliers ». Les marguilliers étaient élus par les paroissiens et étaient tenus d’accepter les fonctions, ils devaient être laïc, de bonne vie et mœurs, savoir lire et écrire.  Ils étaient responsables de l’entretien de l’église, de son aération et de sa décoration; ils avaient la garde du mobilier qu’ils devaient inventorier chaque année et conserver en bon état.  Ils administraient les fonds, percevaient les revenus, acquittaient toutes les charges du culte dont ils devaient respecter strictement les usages. 
Les familles (descendants) de 3 des 4 marguilliers nommés sur cet inventaire, sont toujours présentes sur le territoire de Mareil-Marly et de Fourqueux. (Famille Beauvais, Bégé et Motte).
*Dans chaque paroisse, la communauté d’habitants est responsable de la levée des impôts royaux,  l’assemblée des habitants désigne des Consuls (Syndic) qui sont chargés de répartir et de collecter la taille, la capitation, les corvées et autres redevances. 

HISTOIRE : MAREIL-MARLY, le 16 avril 1789

Archives parlementaires – Cahiers des Etats généraux

Des plaintes, doléances et remontrances que font les habitants de la paroisse de Mareil Marly au Roi et nos seigneurs des Etats généraux

Art. 1. Que l’administration de la justice soit rendue le plus promptement possible, et de la manière la moins dispendieuse.

Art. 2. L’objet le plus important est de pourvoir au taux du pain, à l’ouverture des Etats généraux, d’en fixer le prix proportionné, afin que tous les pauvres journaliers puissent subsister.

Art. 3. Que toutes personnes convaincues de monopole sur les grains, blés, soient punies corporellement et même de mort, en cas de récidive.

Art. 4. Qu’il soit établi des magasins de blé, dans les temps convenables, dans les villes de province, pour pourvoir aux besoins, en cas de disette.

Art. 5. Que l’on emploie les moyens pour donner des secours aux paroisses de la campagne qui ont éprouvé les inondations et la grêle arrivées dans le courant de l’année dernière, et qui ont perdu toutes leurs récoltes, qui étaient le prix de leurs travaux les plus pénibles, et qui ont encore le malheur d’avoir leurs vignes gelées par les froids excessifs des hivers derniers et notamment cette paroisse, qui n’a d’autre ressource que le vin, est dans le plus pressant besoin de secours, puisqu’ils n’en ont reçu aucun, quoiqu’on en ait donné partout, à l’exception toutefois de secours particuliers qui ont été donnés par Mgr l’archevêque de Paris.

Art. 6. Que tous les privilèges et exemptions pécuniaires des nobles et du clergé généralement quelconques seront éteints et supprimés, et tous droits de banalité quelconques.

Art. 7. Qu’il sera établi un impôt, sous la dénomination de subvention, qui sera levé et perçu sur tous, les propriétaires des terres, dans toute l’étendue du royaume, pour le payement des dettes de l’Etat, pour lequel impôt de subvention il serait nécessaire d’établir un fermier dans chaque endroit.

Art. 8. Que l’impôt qui sera fixé soit payé par quartier au trésor royal, ou entre les mains d un trésorier des assemblées de département, qui le versera sans déduction au trésor royal.

Art. 9. Que les maîtrises et capitaineries seront, supprimées, comme dévorant, par avance, l’espérance du cultivateur, et donnant lieu à nombre de vexations et tyrannies.

 Art. 10. Que le gibier et les pigeons seront entièrement détruits, comme onéreux aux cultivateurs et faisant un tort considérable à l’État.

Art. 11. Que, par le moyen de l’impôt de subvention ci-devant énoncé en l’article 7, qui rendra un produit considérable, ce qui sera fixé par les Etats généraux, il sera supprimé les impôts qui suivent : les tailles, capitations et accessoires, vingtièmes, les aides et gabelles, les fermes générales, régies générales, droits domaniaux et autres. 

Art. 12. Que les dîmes ecclésiastiques seront levées et perçues par le fermier du Roi, qui lèvera l’impôt de subvention, en nature ou en argent, pour en être compté aux ecclésiastiques par le fermier du Roi.

Art. 13. Qu’il n’y aura qu’un même poids et qu’une même mesure dans tout le royaume pour toutes choses;

Art. 14.. Que tous les privilèges exclusifs, pour toutes choses généralement quelconques, seront supprimés ; que toutes les provinces du royaume ne forment désormais qu’un seul tout, ayant les mêmes droits et les mêmes privilèges à conserver.

Art. 15. Que les pouvoirs donnés aux députés pour les Etats généraux ne dureront que le temps que lesdits Etats auront lieu, et qu’il en sera élu d’autres, si le cas y échoit.

Art. 16. Que l’impôt demandé par l’article 7 sera perçu sur les propriétaires de rentes, comme sur les propriétaires de terres.

Art. 17. Le retour périodique des Etats généraux, et surtout point d’autorité intermédiaire.
Signé : Louis La Borne; Thomas Beauvais; Michel Bellavoine; Jacques Henault; Pierre Ivert; Bernard Beauvais; Pierre Denis; André Beauvais; Philippe Henault; Jean Baptiste Levée; Pierre Dumont; Jacques Vinage; Jean Baptiste Cagneux; Joseph Regnault; Etienne Jacob; Nicolas Barbier; Martin Cagneux; Jean Baptiste Bellavoine; Claude Deshayes; Pierre Denis Motte; Denis Bellavoine; François Goupy; Louis Beauvais; Jean Baptiste Sellier; Pierre Beauvais; Michel Bellavoine; Claude Michel Beauvais; Guillaume Dumont; Jean Baptiste Fourneau; Jean Dumont; Barthelemy Daumain; Martin Cagneux; Louis lvert; De Rogny : procureur fiscal; Balfourier : curé; Vergue : greffier.

Paraphé ne varietur, au désir de notre procès-verbal de cejourd’hui 16 avril 1789.
Signé : Dessogey

Archives numériques de la Révolution française – Stanford University Libraries

Histoire d’eau à Mareil Marly

En 1903, les localités de Mareil Marly et de Fourqueux ne disposaient que de puits et de quelques sources provenant de la forêt de Marly pour s’alimenter en eau et cela était devenu insuffisant.

Suite au leg important des frères Tellier à la Commune de Mareil, il fut décidé d’utiliser une partie de cette somme pour raccorder la commune au Service des Eaux de Versailles. Des travaux considérables furent entrepris pour faire passer des canalisations souterraines et des siphons, des hauteurs de Marly en passant par Montval jusqu’à Mareil.

Il fut donc possible de distribuer l’eau à domicile, de créer des bouches d’incendie et d’arrosage sur toute la Commune. Fourqueux, profita donc des travaux entrepris pour se raccorder sur les canalisations de Mareil pour un coût très modeste.

Le 25 octobre 1903, les municipalités de Mareil et de Fourqueux, l’Orphéon de Fourqueux et la Compagnie des sapeurs pompiers de Mareil accueillirent à la gare de Mareil, Mr Bourgoin, Conseiller de préfecture, représentant le Prefet, Mr Desoyer, Conseiller Général et Maire de St Germain, ainsi que les ingénieurs ayant réalisés ces travaux.

Après quelques mots prononcés par le Maire de Mareil, Mr Motte, le cortège visita les installations puis se rendit à la Mairie où un premier vin d’honneur fut servi, puis les pompiers procédèrent à l’essai des bouches d’incendie, sous la direction du Capitaine Yvert, mort pour la France le 13/09/14, (voir « Mareil-Marly, 14/18, Le mauvais rêve).

Le cortège se dirigea ensuite à pieds et en musique, vers la Mairie de Fourqueux où fut servi un deuxième vin d’honneur.

Enfin, tout ce monde regagna Mareil toujours à pieds et en musique où un grand banquet fut servi.

Des concerts et un bal clôturèrent cette journée qui, à n’en pas douter, ne fut pas arrosée d’eau mais plus probablement de vin de Mareil.

 

Histoire – MAREIL MARLY- Les Mardelles

Traces d’habitations primitives à Mareil-Marly « Les Mardelles »:

On relève en 1447, le nom de rue de la mardelle et, en 1714, le lieu-dit : les mardelles. Or  » les mardelles « , d’après A. Grenier(*), sont d’anciennes demeures creusées profondément dans le sol se présentant aujourd’hui « sous forme de fonds de cabanes » souvent remplies d’eau et assimilées à des mares, remontant à une époque fort ancienne, mais indéterminée : âge du fer et époque romaine.

« Elles nous apparaissent comme deux types divers de colonisation, dont l’un, la mardelle, dans la forêt, dans les clairières et en terrain pauvre, a conservé les formes anciennes tandis que la villa, sur des sols plus riches, s’est assimilée à la civilisation nouvelle » 

Les mardelles sont d’anciennes habitations, le plus souvent prélatines, qui pourraient être situées sur le versant nord  de la forêt de Marly, riche en vestiges préhistoriques.

Le nom de Mareil : « la grande clairière » remonte à l’époque celtique; nous verrons qu’on a relevé en ce lieu, les traces d’une position fortifiée gallo romaine : en somme en dépit de la forêt toute proche, au sein même de cette forêt, c’est un des points les plus anciennement colonisés de la région.

(Manuel d’archéologie gallo-romaine, Paris, 1934.)

Emplacement de la mardelle ? :

Sur certains textes, on relève la précision suivante « Clos Bonnemain tenait à la rue de la Mardelle », on sait également que les mardelles ont souvent subsisté sous forme de mares. Il existe à Mareil Marly plusieurs lieux évoquant l’existence de mares :

  • Les Mares, près de l’église
  • La Mare des Saules
  • La Mare Griseau, près du Clos à la Sainte (anciennement Clos Hyacinthe)
  • La Mare aux Cannes

En l’absence de fouilles, il est impossible à ce jour de déterminer l’emplacement exact des mardelles de Mareil Marly.

(*)Albert Grenier, né le 22 avril 1878 à Paris 10 et mort le 23 juin 1961 à Paris 14, est un historien et archéologue français, spécialiste de l’histoire des Gaulois, des Romains et des Celtes.